LA DECHETTERIE

Dans un registre très proche, il y a plus émouvant et judicieux à visiter qu'un Centre d'Art Contemporain, c'est une déchetterie municipale.

Le volume de ces immenses bennes, où les choses viennent se ranger par catégories (verre, bois, métaux, papiers...), la ronde des usagers venant se débarrasser là de ce qui n'a plus d'intéret pour eux (mais pourrait en avoir pour d'autres), le bruit parfois douloureux que font aussi les objets que l'on jette pêle-mêle, la mélancolie profonde qui règne dans ce terminus du rebut, dans ce béant spectacle où échoue ce qui a perdu toute fonction, toute valeur, utilitaire ou commerciale, l'idée pourtant que le recyclage fera renaître d'autres formes, d'autres utilisations, une nouvelle vie... Tout cela invite à la méditation sur ce qu'il en est de nous, de nos sociétés et de nos futiles attachements aux biens de ce monde.

La participation du public est entière, d'un engagement absolu car la déchetterie est la plus accomplie des oeuvres collectives : anonyme, grandiose, généreuse, sans cesse renouvelée, elle use de la classification, de l'accumulation, du hasard avec une souveraine innocence, une implacable constance dans la détermination.
En comparaison, les installations des plasticiens professionnels font songer à ces vitrines de vieilles merceries de province décorées de façon mesquines et chichiteuses.
Quant au message véhiculé par une telle oeuvre, il est crucial puisqu'il signale ce mal incurable qui ronge notre planète polluée par nos déchets. Rien de moins.

Jean-Claude Lardrot
 

"Je suis ce fou qui s'accroche à la peinture parce qu'on a retiré l'échelle des valeurs."


Et, pendant ce temps la FIAC expose, par exemple en  2014...

 Le tas de cailloux sous cage en grillage, est, semble-t-il, une œuvre du support-surfacien Bernard Pagès des années 70.
En tant qu’œuvre historiscisée et patrimonialisée dans nos FRAC, celle-ci doit coûter bien plus de 20 000 €.
La question de savoir pourquoi, comment, au nom de quelle logique ou raison supérieure, on en est arrivé là, reste taboue, non formulée, donc entière…
Alors, Mesdames Messieurs, les critiques-historiens d’art, sociologues, psychologues…à vos plumes !

 


La Villa Arson, usine niçoise à trolls émergents et fake-artists par Nicole Esterolle

La Villa Arson ou Ecole des Beaux-Arts de Nice est le plus prestigieux établissement public français dédié à la fabrication en série de ce qu’on appelle « le troll émergent sur la scène artistique internationale »… Elle en sort une trentaine par an.
A la fin de chaque année scolaire une exposition des œuvres des nouveaux diplômés a lieu dans les locaux de l’école ou dans une galerie municipale proche. Première exposition publique donc pour ces postulants au prix ADIAF – Marcel Duchamp, ou au Prix Vernar Benet, qui leur permettront peut-être d’amorcer leur carrière internationale en passant par l’achat par quelques FRAC et par des expos en galeries subventionnées assorties de l’enfumage discursif fourni par un critique d’art du circuit.
J’ai le plaisir de vous présenter, avec les images jointes, quelques échantillons de ces futurs fake-artistes internationaux qui ont su réunir les ingrédients convenables pour la concoction de ce que l’on peut appeler un artox très buzzant et efficace médiatiquement, donc très contemporain....
C’est d’ailleurs Ben Vautier ex enseignant en cette école qui dit lui-même que la Villa Arson n’a pas d’autre utilité depuis 40 ans que de fabriquer des professeurs pour cette même Villa Arson.
 

        

 

Témoignages : Le miroir aux alouettes, Léon GARD, Marc VERAT, Michel PHILIPPART, Fred FOREST, Jacky KOOKEN, ALDEHI, Jean-Claude LARDROT,
Pierre DANCETTEMarie-Claude PIETTE, Marie BASHKIRTSEFF, et DIVERS

 


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