VERS UN ART CONCEPTUEL ET MINIMALISTE
 

Le terme « Minimal Art » traduit par art minimal ou minimalisme, employé la première fois par le critique américain Richard Wollheim, prend une signification esthétique dès 1962 en réaction et en complément à l’expressionnisme abstrait des années 50. L'art minimal reprend directement les idées de Rodtchenko et surtout de Malevitch, cette recherche de l’absolu sera radicale et elle aboutira également à une oeuvre, peinture ou sculpture, réduite à sa plus simple expression.

Ce mouvement, très abondant en sculpture, préfigure sur bien des points l’art conceptuel. En effet, l’art minimal prétend débarrasser la peinture de tout ce qui ne lui est pas spécifique : plus de sujet, plus de forme, mais seulement la couleur sur un grand format. La planéité sobre, exprimée par quelques couleurs vives, constitue son credo artistique. Barnett Newman (1905-1970) est l’un des artistes les plus importants de l’école de New-York et du minimalisme. Il réalise des monochromes appelés « All over », ses toiles sont recouvertes uniformément de peinture. Parfois, aux extrémités du tableau, une mince bande verticale rompt la grande surface de couleur. Sol Lewitt utilise la ligne horizontale, verticale ou oblique dans un format carré et multiplie les combinaisons. Quant à Robert Ryman (né en 1930), évoqué par la suite, il construit ses toiles avec de forts empâtements géométriques. Il choisit le quadrilatère comme forme de prédilection et le blanc comme teinte fondamentale. Parmi les artistes de cette tendance on peut encore citer : Kenneth Noland, Ad Reinhardt, Franck Stella.

Le minimalisme dans sa quête de sobriété, de pureté, trouve tout naturellement son ultime avatar dans l’art conceptuel.

Pour Joseph Kosuth (né en 1945) son chef de file le plus significatif, l’idée de l’art et l’art sont la même chose. L’idée peut donc se suffire à elle-même, la boucle est désormais bouclée. Pour l’art conceptuel, la réflexion sur le langage, la sémiologie, la philosophie sur le fondement de l’art, se substituent entièrement à la création de l’objet qui se concrétise tout de même, commerce oblige, sous forme de photos, vidéos, écrits, mises en scène...

Découlant de l’art conceptuel, le Land Art s’est surtout développé vers 1967 aux États-Unis, en Allemagne et en Angleterre (avec W. De Maria, R. Long, B. Flanagan, Christo...), la nature avec ses vastes étendues entre directement en compte dans la production de l’oeuvre. Les adeptes du Land Art cherchent à mettre en valeur la mémoire, le passé intemporel des lieux choisis pour leur caractère sauvage, primitif, en les marquant - in situ - par des traces dans le sol, ou encore par des dispositions cabalistiques de pierres, de bois, de tissus...
Les oeuvres du Land Art soumises aux intempéries sont éphémères, difficiles à exposer, et remettent donc en cause les valeurs marchandes habituelles. Toutefois, afin de palier ces inconvénients, les témoignages se feront sous formes d'études, de reconstitutions diverses, de photographies, de vidéos. Cette tendance représente l’une des formes d’art actuel les plus privilégiées en France. Les institutions françaises, toujours soucieuses de coller à la mode internationnalement définie, achètent ou ont acheté régulièrement ces productions sous ses différents aspects mais plus qu’elle ne les crée, la France importe généreusement cet art d’avant-garde.
Tous ces mouvements : Arte Povera, Land Art, Body Art... qui participent, plus ou moins, de l’art conceptuel et minimaliste jouissent actuellement d'un impact incontestable dans leurs lieux de prédilection que forment les 21 centres d’art, finalement conçus spécialement à leur intention.

 

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