VISITE DU CENTRE D’ART DE POUGUES
 

Si l’on rencontre dans tous les fonds régionaux d’art contemporain le même type d’oeuvres, avec les incontournables Boltanski, Ben, Leccia ou encore Vilmouth, les expositions dans les Centres d’Art qui appartiennent au même courant conceptuel, se suivent et se ressemblent. Toutefois, dans ces lieux on cherche et on peut se tromper ; car ce ne sont pas des musées. L’artiste sera ou ne sera pas, à l’avenir d’en décider.

Sur ce point, la description d’une exposition organisée par le Centre d’Art de Pougues-les-Eaux ne semble pas inutile. En faisant preuve de bonne volonté, elle devrait permettre de mieux appréhender la démarche des créateurs et peut-être de mieux comprendre les principes quasi-immuables qui motivent leurs recherches.

C’est ainsi qu’à l’issue de leur séjour en résidence aux ateliers d’été organisés par le Centre, les artistes ont présenté au public leur oeuvre et parlé de leur cheminement artistique. Sans surprise aucune, les trois oeuvres exposées font partie de ce qu’il est désormais convenu d’appeler des installations. Elles s’inscrivent parfaitement dans l’esprit et l’objectif du Centre (1).

Louis Maestro nous propose une série d’armoires métalliques de vestiaires d’atelier. Sur la porte de chaque armoire est aménagé un petit orifice oculaire et l’emplacement réservé habituellement au patronyme de l’ouvrier porte un nom évocateur comme « peep show... ». Le spectateur est naturellement invité à découvrir l’intérieur de l’armoire par l’intermédiaire de l’orifice. Là, il apercevra un portrait de Lénine, quelques images anodines...
Louis Maestro explique laconique : « comme cheminot, ces armoires font partie de mon quotidien, elles sont aussi ma première démarche artistique ».
Carter Kustera est un jeune canadien qui nous montre le ballot de l’immigré. Grande sphère de linge usagé, prise dans un filet et suspendue tel un balancier au-dessus du sol qui, au dire du créateur, évoque une piste d’atterrissage balisée. L’ensemble veut finalement refléter les traumatismes de l’immigration.
Marie Ponchelet présente un peu à l’écart, dans une pièce dégradée, au bord de la ruine, une installation très dépouillée : une robe de communiante des années 30, accrochée à une poutre et qui laisse libre cours à toutes les interprétations.
Quant à Anne Frémy, son curriculum vitae des plus curieux est sans doute le gage d’un avenir créatif très innovant ! « Après une formation de maître-nageur, j’ai deux années durant évolué dans les milieux aquatiques. Dans la piscine du Pré Saint-Gervais (93), j’invitais des artistes dont les projets se greffaient sur des actions pédagogiques. L’eau étant un fort endroit d’animation. » Avec un tel cursus comment s’étonner que sa prestation conceptuelle dans l’ancienne usine d’embouteillage fut fraîche et pétillante !



Août 2002, Le Centre d'Art de Pougues vous invite à "une cure d'art contemporain",
proposée par Frédérique Lecerf. Sur les cimaises les traces visuelles des artistes.

 


1) Les artistes sont invités par le Centre d'Art à créer une oeuvre in situ. Un budget est prévu par le Centre pour la réalisation, le séjour ainsi que le vernissage (jeudi 6 août 1993).

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