UN EXEMPLE CONCRET ET SIGNIFICATIF
 

La création du Centre d’Art de Pougues-Les-Eaux a eu le mérite d’ouvrir dans la Nièvre un débat entre : le subventionné et le non subventionné, les abstraits et les figuratifs, le national et le local mais aussi, selon le même schéma réducteur, la gauche-progressiste et la droite-conservatrice.
Les critères de référence du Centre, comme indiqué précédemment, reposent sur des valeurs conceptuelles et innovantes en opposition naturellement à la figuration imagée et anecdotique ; c’est-à-dire que pour lui l’oeuvre véritable, digne d’intérêt, sera l’installation d’un câble dans les anciennes Forges royales de Guérigny (1990), mais sûrement pas un paysage « Bords de Loire » accroché aux cimaises du Palais Ducal de Nevers par une Association locale de peintres amateurs.

Cependant, aucune de ces deux positions contraires : rejet des règles - rejet de la nouveauté, ne peut prétendre être l’apanage de l’art. A cet égard, la position de Kant, pour autant qu’elle puisse servir de base, montre qu’une position médiane peut toujours être envisagée.

Le point de vue soutenu par Eric Troncy qui prétend que les Centres d’Art n’ont aucun compte à rendre à l’histoire de l’art, que seule l’expérimentation demeure essentielle, est parfaitement concevable sans doute même défendable. Cette opinion se situe bien dans l’esprit iconoclaste et révolutionnaire du mouvement Dada. Néanmoins, l’innovation même a ses limites et les présentations des Centres d’Art répètent toujours le principe des « ready-made » cher à Marcel Duchamp.
 


L' île de Xavier Veilhan (propriété du Département) dans le parc Saint-Léger
qui abrite le Centre d'Art contemporain de Pougues-Les-Eaux dans la Nièvre.
 

Le problème crucial reste la question du financement public et non privé de ces Centres. Pour quelles raisons profondes accorder tant de subventions au Centre d’Art de Pougues, que restera-t-il pour les autres associations culturelles ?
La question se pose également de savoir sur quels critères conceptuels se baser pour choisir les destinataires des fonds publics. Et quel sera par la suite le moyen de contrôle des dépenses de la structure ?

Mais rien n’est simple et les avis définitifs sur ces institutions n’ont pas fini de se faire entendre. D’autant qu’il n’est nullement acquis que la politique des différents Ministres de la Culture, toutes tendances confondues, soit dans ce domaine très divergente. Cependant, il reste à savoir si les amateurs de cet art conceptuel, qui a peut-être encore de beaux jours devant lui, le sont par goût, par conviction ou pour simplement être à la mode.

 

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