L'histoire du Salon

Dénommé “exposition” depuis son origine, il prendra l’appellation “Salon” en 1725, lorsqu’il sera inauguré dans le “salon carré du Louvre”. Son orthographe évoluera de “sallon” en “salon”. Celui-ci obtiendra vite un immense succès et deviendra l'événement incontournable pour se faire connaître, le Salon se déroulera jusqu'en 1848 toujours au Louvre pour ensuite migrer dans différents palais, plus vastes, de Paris.
A la suite de la protestation de certains exposants mais surtout de plusieurs artistes dont les oeuvres n'ont pas été acceptées, ce qui amènera les premiers dissidents en 1863, il sera créé une exposition parallèle, le Salon des Refusés, qui réfute le jury du Salon officiel en lui reprochant son académisme. Suivra en 1884 la création du Salon des Indépendants et plus tard, en 1903, celui d'Automne.

Après la chute du Second Empire, un nouveau règlement du Salon est publié en 1871 à Versailles par Jules Simon, ministre de l'Instruction Publique, des Cultes et des Beaux-Arts, et par le directeur des Beaux-Arts d'alors, Charles Blanc.
Ce règlement comprend treize articles chargés de régler les aspects essentiels de la manifestation.
Les envois sont dorénavant répartis en quatre grandes sections : Architecture - Peintures (dessins, aquarelles, pastels, émaux et miniatures) - Sculptures et gravures en médailles et pierres fines - Gravures et lithographies. En outre, le nombre des tableaux que chaque artiste peut envoyer n'aura d'autres limites que la surface autorisée par le local d'exposition proprement dit, c'est-à-dire le Palais des Champs-Elysées et/ou du Champs-de-Mars, puis après 1900, celui du Grand-Palais. Les récompenses prévues par le règlement de 1871 se réduisent à trois médailles : deuxième, première et d'honneur, avec comme électeurs au jury tous les artistes français qui ont déjà obtenu au moins une médaille ou le Prix de Rome. Seul, le placement des oeuvres ne relève pas totalement du jury élu puisqu'il se fait avec la participation de l'administration.

Le jury, d'une manière générale et pour tous les Salons à venir, est donc déjà choisi par les artistes sociétaires du Salon, sous des conditions variables, à savoir et en fonction des années : trois quarts des jurés élus directement par les artistes et un quart nommé par l'administration ou, par exemple, par simple tirage au sort... Cependant le manque de place justifie toujours l'élimination d'un certain nombre d'artistes, au premier rang desquels figurent bien entendu ceux qui ne peuvent se prévaloir d'un parrainage reconnu. En sachant que d'autres, les Prix de Rome, les membres de l'Institut, les artistes décorés peuvent bénéficier d'exemption et profiter d'une sélection d'office.
Le mécontentement et la contestation des "refusés" sont par conséquent inévitables aussi, chaque année, la direction des Beaux-Arts se voit contrainte, par soucis d'apaisement, d'accepter de plus en plus d'artistes et d'adapter plus ou moins le règlement.
Ainsi, pour le Salon de 1874, les artistes ont la possibilité de proposer trois oeuvres. Ce chiffre sera bientôt ramené à deux tandis que les contraintes augmenteront. En 1878, l'article 4 du règlement préconise : "le maximum pour la dimension des bordures sera de 30 cm en largeur, 20 cm en épaisseur".
Au niveau des récompenses et sur la durée peu de changements sont à noter, si ce n'est la mise en place en 1874 de deux médailles d'honneur et non plus d'une seule comme c'était le cas depuis 1849 (d'une valeur de 4 000 francs de l'époque).
A la suite de la distribution des récompenses par le jury, l'administration des Beaux-Arts se charge de répertorier et de diffuser par la gravure l'ouvrage qui a mérité ladite médaille et qui est par ailleurs très souvent acquis par l'Etat. Son auteur peut également se voir gratifier de la Légion d'honneur.
Un chapitre du règlement du Salon reste toujours consacré à l'aspect matériel de l'organisation : horaires, jours et prix d'entrées, qui peuvent varier du simple au double en fonction du jour et de l'heure ou même être gratuits - tous les dimanches. Le Salon se déroule chaque année et sauf rare exception, au printemps en mai - juin.
Après la décision d'électrifier les salles d'expositions en 1879, celles-ci resteront ouvertes jusqu'à 23 heures durant le mois de mai.

Le 27 décembre 1880, Jules FERRY, Président du Conseil, Ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts, demandera aux artistes admis au Salon de constituer la Société des Artistes Français - seule héritière du SALON - et reconnue d'utilité publique par Décret du 11 mai 1883.
La Société des Artistes Français reçoit alors la mission d'organiser, en lieu et place de l'Etat, l'exposition annuelle des Beaux-Arts.
En compensation et devant l'ampleur du travail, l'Etat assure la jouissance gracieuse, à dates fixes, de l'ancien Palais de l'Industrie -
le Palais des Champs-Elysées - où se déroule alors le Salon.

Aperçu des achats d'état au Salon, fin XIXème
Quelques exemples : année 1878 achats 111, 1890 achats 117, 1895 achats 121

sommaire

Aperçu des achats d'état au Salon de 1878

L'histoire du Salon à la fin XIXème


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