Le miroir aux alouettes !
L'expérience des galeries Art-Promotion et du Puits du Bourg

Bernard Esambert dans son bureau à Paris, de
nombreuses toiles toutes figuratives accrochées au mur ou par terre, en attente
:
"Le décor change régulièrement car il faut bien aider les
artistes".
Pour vendre un tant soit peu, il faut
s'en occuper et lorsque l'on manque de relations, d'introductions sérieuses dans le milieu de la presse, de la "Culture", de la politique aussi, il semble encore que le meilleur
moyen de faire connaître son travail soit celui de l'envoi de photos accompagnées
de quelques commentaires. Naturellement, on pense immédiatement à les adresser
aux galeries d'art mais là, la concurrence reste rude, les galeries n'ont que
l'embarras du choix et, de toutes façons, bien peu nombreuses sont celles qui
vendent régulièrement et encore plus rares seront celles qui pourront prétendre
assurer la promotion d'un nouvel artiste.
A défaut d'entrer par la grande porte et faute de ne pouvoir appartenir au "réseau", il paraît de loin préférable
d'envoyer ses courriers directement aux entreprises et de penser plus
particulièrement aux banques.
Personnellement, quelques résultats ont été obtenus avec ces
dernières. Bernard Esambert, Président de la Compagnie financière et ancien
chargé de mission du Président Pompidou a acheté des tableaux.
Déjà en 1986, par l'intermédiaire de son Directeur général, la Banque populaire
de la Nièvre, encore autonome à cette époque, avait aussi acquis des peintures,
en 1987 c'était la Kreissparkasse avec également l'occasion d'un voyage en
Allemagne en passant par le Luxembourg...
Le commerce de l'art vivant, ressemble néanmoins la plupart du temps un peu au miroir aux alouettes
:
- Pour le
commerçant d'abord, qui aura vite fait d'épuiser le débouché naturel que
constitue les amis, la famille, les relations. Bien entendu, il reste nécessaire
de faire croire ; alors on annonce que cela marche, éventuellement on
reconnaîtra une conjoncture passagèrement défavorable mais jamais - au grand jamais - on dira que ce
type de marché est forcément réduit, qu'il en a toujours été plus ou moins
ainsi, avec peu d'acheteurs : quelques aristocrates nobles sous l'Ancien-régime,
quelques bourgeois fortunés et personnalités médiatiques
aujourd'hui. On entretiendra tacitement ou sciemment
l'illusion ou le mythe de l'artiste, et l'on taira, snobisme aidant, que plus le produit est
compliqué, hermétique - je veux dire abstrait et conceptuel - plus il s'avère
difficile à placer.
Dès lors, comment ne pas constater la courte durée de
vie de la plupart des galeries d'art et la nécessité pour elles d'avoir une
autre source de revenus en variant les produits ou, comme très souvent, en
comptant prosaïquement sur le salaire du conjoint.
- Pour l'artiste c'est à peu près la
même chose, il lui faut soit exercer un autre métier,
soit bénéficier de la générosité de ses proches ou se contenter des aides
publiques. Au départ, envers et contre tous, le créateur croît en son talent
puis, avec le temps, il finira par se persuader que l'essentiel c'est d'abord de
créer pour soi et il fera comme si le choix existait vraiment. L'honneur ainsi
est sauf !
En province, il ne faut pas rêver, exposer c'est déjà se faire plaisir, c'est montrer aussi à l'artiste que l'on apprécie son travail, le reste, c'est-à-dire les ventes, sont hélas très hypothétiques. Cependant des artistes plaisent plus que d'autres, on peut même s'en tirer pas trop mal surtout si les oeuvres restent accessibles financièrement et directement "lisibles". Je pense aux petites peintures fantastiques de Pierre Dancette travaillées à la tempéra sur panneau d'isorel. Hors du temps et plutôt sombres, finalement elles ressemblaient au personnage, fataliste ou modeste, toute sa vie durant infirmier à l'hôpital psychiatrique de La Charité-sur-Loire, à l'époque de la camisole et de la piqûre-punition... Toute une époque, toute une histoire...




Marc Vérat devant les peintures de Pierre Dancette, Erik Rabot et Michel Philippart

Témoignages : Pierre DANCETTE, Léon GARD, Marc VERAT, Michel PHILIPPART, Fred FOREST, Jacky KOOKEN, ALDEHI, Jean-Claude LARDROT, Marie-Claude PIETTE, Marie BASHKIRTSEFF, et DIVERS
Guillaume Seignac - Georges Rochegrosse - Jules Lefebvre - John William Godward - Emile Vernon - Jean-Léon Gérôme - William Bouguereau - Paul Merwart - Léon Comerre
Marc VERAT - Index
L'Art Académique - Synopsis
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