Les Ménines, Velasquez (1599-1660) Madrid, Prado.

L'emploi du miroir, inauguré par Van Eyck dans les Amolfini, ne se résoud pas ici simplement en illusionnisme mais constitue sans doute une des raisons essentielles de l'intérêt exceptionnel que suscite l'oeuvre.
Ainsi, les personnages ne sont pas tournés vers le spectateur mais bien vers le couple royal en train de regarder simultanément la scène et le peintre, comme l'atteste leur reflet dans le miroir du fond.
Ce tableau de Velasquez ne manqua pas d'influencer les peintres du XIXème siècle. Dès lors, les Ménines formeront la base de plusieurs reprises. Manet s'en est inspiré pour le Velasquez dans son atelier de 1860 et les variations de Picasso sur cette peinture sont aujourd'hui très connues.

Dans l'Hommage au désert, la composition de Velasquez demeure inchangée tout juste un peu recadrée vers le haut, au contraire de Picasso, qui lui, en redessina chaque élément.
L'oeuvre achevée, présentée sur un chevalet, est disposée dans un contexte incongru : des dunes de sable qui commencent à recouvrir une surface carrelée sans oublier, dans le ciel, le passage de l'avion de Saint-Exupéry.
Pour finir, une jeune femme, assise à même le sol ou encore sur un cube, en indique l'échelle.
 

 

Entre août et décembre 1957, Picasso peignit 58 toiles différentes sur le thème des Ménines, le tableau peint par Diego Velasquez en 1656.
Velasquez se représente en plein travail, puisqu'il se tient à gauche devant une grande toile qu'il est en train d'exécuter. Picasso, dans son interprétation, a démesurément agrandi la silhouette de Velasquez qui apparaît à gauche sur le tableau et domine les autres personnages qui sont simplifiés et réduits à leur plus simple expression. Il a par ailleurs choisi de peindre une grisaille.


  Les Ménines, version 2001


 

Palomino signale qu'à la vue du tableau, en 1692, Luca Giordano s'exclama : "C'est la théologie de la peinture ! " Où se trouve le tableau ? demandera plus tard Théophile Gautier, décontenancé par la profondeur de ce cube en perspective.

Dans la version 2001, la perspective de la pièce peinte par Vélasquez est mise en exergue. Celle-ci ressemble alors, par la minceur de sa cloison, à un décor de cinéma planté au beau milieu du désert. Le rideau rouge du premier plan qui descend du haut, accentue l'aspect improbable de la situation. 


 

Marc-Verat@wanadoo.fr