Le déjeuner sur l'herbe

 

 

 

 


Le Déjeuner sur l'herbe, Edouard Manet, 1863 (208 x 264)
Exposé au salon des Refusés de 1863 sous le titre "Le Bain"

De nombreuses et virulentes critiques accompagnent l'exposition de l'oeuvre. Parmi elles, celle de Théophile Thoré :
"Le Bain est d'un goût bien risqué. La personne nue n'est pas de belle forme malheureusement et on n'imaginerait rien de plus laid que le monsieur étendu près d'elle (...). Je ne devine pas ce qui a pu faire choisir à un artiste intelligent et distingué une composition si absurde".
"Que fait donc cette femme déshabillée en pleine nature, entourée de deux hommes en tenue de ville ?
Manet aura du talent le jour où il saura le dessin et la perspective. Le jour où il renoncera à des sujets choisis en vue du scandale il aura du goût", renchérit un autre critique.

La version de George Washington Lambert ?


Olympia, Edouard Manet, 1865

Ce célèbre tableau s'inspire d'une longue tradition iconographique de Vénus et d'odalisques que Manet avait étudiées et copiées. Il est pourtant devenu le symbole de la modernité en peinture. Olympia heurtait en effet les conventions. Elle n'est ni un nu biblique ni un nu mythologique mais une jeune femme déshabillée dans son cadre de vie quotidien, une courtisane recevant l'hommage d'un admirateur. Le traitement pictural et notamment celui de la chair, plat et dépourvu d'ombres, choquait également. Considérée comme vulgaire et indécente, Olympia, admise au Salon de 1865, a déclenché le scandale et marqué profondément l'histoire de la peinture.

Une voix dans le concert des insultes qu'a reçu Olympia, celle de l'écrivain et critique Théophile Gautier : "Olympia ne s'explique d'aucun point de vue, même en la prenant pour ce qu'elle est, un chétif modèle, étendu sur un drap. Le ton des chairs est sale (...). Les ombres s'indiquent par des raies de cirage plus ou moins large. Nous excuserions encore la laideur, mais vraie, étudiée, relevée par quelque splendide effet de couleur (...). Ici, il n'y a rien, nous sommes fâchés de le dire, que la volonté d'attirer les regards à tout prix".

cf. Montparnasse Multimédia 1999

Vers une déclinaison de l'Olympia