Jacques-Louis DAVID

Le Serment des Horaces (Louvre) fait sensation à Rome en août 1785 avant d'être acclamé, deux mois plus tard à Paris, comme manifeste accompli de la nouvelle école classique.

Le choix romain du sujet, la sobriété du décor, la solennité contrastée de la scène, la tension  dramatique sont inspirés directement d'une représentation, donnée en hiver 1782 par les meilleurs acteurs du moment, d'une tragédie de Corneille.
Plusieurs études préparatoires permettent d'en suivre le processus d'élaboration, à travers notamment des références successives et déterminantes à Poussin. «Si c'est à Corneille que je dois mon sujet, c'est à Poussin que je dois mon tableau», résume clairement David.
La composition géométrique repose sur la disposition parallèle des personnages, représentés de profil, en bas-relief. Dans l'oeuvre originale, le père qui occupe la place centrale brandit les épées qui séparent les guerriers, inflexibles, le bras tendu.

Désormais,dans la nouvelle interprétation, celui-ci se trouve masqué à la fois par le grand rideau rouge de la scène théâtrale et par Camille, soeur des Horaces promise à l'un des Curiaces, et témoin malheureux du premier plan.

 Vers Jacques-Louis David et le Néoclassicisme