Pierre Paul RUBENS

Rubens installe son atelier de peintre à Anvers en 1609 et, dès 1611, refusait des élèves tant les demandes étaient nombreuses.
Durant ses séjours à l'étranger, parfois au titre d'ambassadeur, la production de son atelier ne s'interrompait pas, l'artiste n'apportant que la touche finale. Rubens travaillait aussi bien sur bois que sur toile, avec divers types de préparations. Sa préférence marquée pour les panneaux de bois couverts d'une préparation à la chaux découle de la relative simplicité de sa technique. La préparation est traditionnelle : de la chaux liée par de la colle animale imprégnée d'huile. Cependant l'apprêt brunâtre, appliqué au pinceau en longues hachures irrégulières constitue une innovation.

Rubens utilisait sans doute un liant maigre à l'huile. Ce liant translucide présentait l'avantage de laisser la préparation brillante au blanc de chaux transparaître. La composition est ébauchée directement avec une peinture fine et fluide. L'apprêt joue un rôle fondamental dans les effets de couleurs, surtout dans les chairs, où la manière de procéder habituelle se trouve inversée. Les lumières sont peintes en couches épaisses et opaques pour couvrir l'apprêt, tandis que les ombres sont glacées, minces et transparentes.

Selon ses dires, Rubens trempait régulièrement ses pinceaux dans la térébenthine afin d'assouplir la matière. Il s'agit en fait de la première référence à ce produit comme diluant pour peinture à l'huile. Comme la plupart des artistes de cette époque, Rubens était préoccupé par la qualité du liant. L'huile de lin était très employée. Pourtant l'usage de l'huile de noix avec les mêmes propriétés, mais jaunissant moins, était déjà bien connu. Des vernis à base d'huile et de résine, supposés mieux convenir au climat du Nord, complétaient la palette des médiums possibles.

Source : Les Grands Peintres et leur technique
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