Plusieurs tracés, réalisés en 1968-69, durant le cours obligatoire de perspective à l'école des Beaux-Arts de Reims, vont servir de base comme construction et au rendu de l'espace du tableau.
La dimension des volumes représentés diminue bien entendu en fonction de l'éloignement et les ombres portées restent tributaires de la source lumineuse. Afin de multiplier les angles de vue, le calque du tracé des pyramides est utilisé recto-verso.
Le rideau situé au premier plan accentue encore la profondeur de la scène tout en lui conférant un caractère théâtral.
 

La construction d'une image en perspective est conditionnée par la position du spectateur par rapport à l'objet observé, qui repose en général sur un plan.
Le tableau et le plan géométral se coupent suivant la ligne de terre. La ligne d'horizon se situe au niveau des yeux de l'observateur. Sur cette ligne se trouvent, dans l'axe de vision du spectateur, le ou les points de fuite.
Ce point matérialise également l'objet dans sa plus petite expression.

 

La hauteur de la ligne d'horizon détermine la manière d'organiser la perspective : de haut en bas, de bas en haut. La convergence des lignes vers le point de fuite donne l'impression de profondeur.
La perspective frontale à un seul point de fuite, est utilisée lorsque l'objet possède une face parallèle au plan du tableau.
La perspective oblique, à deux points de fuite, est employée lorsque l'objet est disposé obliquement par rapport au plan. La perspective à trois points de fuite correspond, quant à elle, à l'objet qui ne présente aucune de ses arêtes parallèles au plan du tableau.

 

 

Pour tracer une perspective frontale, on part d'une surface, pour la perspective oblique on part d'une ligne et pour la dernière on débutera par un point.
Dans une perspective classique ou linéaire, l'oeil de l'observateur se trouve à une distance déterminée, les rayons convergent vers le ou les points de fuite et l'objet représenté diminue non seulement en fonction de son éloignement, mais aussi dans la structure de son propre volume.
La face arrière sera déjà réduite par rapport à la face avant.

 

Dans les perspectives axonométriques ou cavalières, surtout employées en dessin industriel, l'oeil est comme rejeté à l'infini, les rayons demeurent parallèles, l'objet ne subit pas de diminution.
Quant à la perspective curviligne, la plus compliquée à mettre en oeuvre, elle voit ses lignes de construction s'incurver et converger vers quatre points diamétralement opposés.

 

Pour rendre compte de phénomènes plus réalistes, à la perspective linéaire il convient d'ajouter la perspective atmosphérique.
Pour suggérer la profondeur de l'espace, non seulement l'objet diminue mais il devient également plus pâle, moins contrasté, et avec des teintes plus froides.

 

 LE DESSIN ACADEMIQUE

De la Révolution aux années 1880 

L'affrontement dessin linéaire ou géométrique et dessin d'art devient très sensible à partir des années 1860. De cet affrontement naîtra le dessin comme discipline scolaire dans l'école populaire.
Pour la tradition, le dessin du fait de ses rapports avec l'art était l'apanage des classes supérieures et de l'enseignement secondaire. Dans le primaire, le dessin (linéaire) sera dans un premier temps enseigné comme une langue rationnelle et universelle.

Les enjeux de l'affrontement dessin linéaire et dessin d'art sont théoriques : rapport du dessin à l'art, à la science et à l'apprentissage professionnel, mais aussi sociaux : à quelle fin le dessin ? Fin utilitaire pour former des ouvriers, fin libérale permettant l'accès de tous à l'esthétique, fin purement disciplinaire ? Et pour qui cet enseignement ?
Sous l'Ancien Régime et jusqu'au début du XIXème siècle, le dessin était un instrument de formation, de contrôle social et politique, artisanal et corporatif.
La Révolution avait déjà projeter de faire du dessin géométrique l'un des objets de l'instruction primaire : un enseignement utile, en rapport avec la géométrie et l'arpentage, utile aux arts et métiers et à l'industrie.
Dès les débuts de son enseignement, le dessin linéaire à quelque chose d'une méthode universelle, particulièrement bien venue aux prémices de l'école. Moyen de communication rationnel, il moralise et instruit. Il inculque des valeurs morales et esthétiques, apprend l'ordre, la discipline, la maîtrise du corps mais prétend aussi au sens du beau à travers l'éducation du goût, un goût néo-classique.
Il donne compétences graphiques et habiletés manuelles, développant l'œil mais surtout l'esprit, au sens de la faculté de juger.

Un arrêté de juin 1853 nomme alors une commission chargée de réorganiser l'enseignement du dessin. Elle est composée d'artistes réputés : Delacroix, Ingres, Messonier, Flandrin, et présidée par Félix Ravaisson. La commission manifeste son inquiétude face à l'hégémonie du dessin linéaire. Toutefois, si un nouveau programme est mis en place pour le lycée, rien ne change dans les écoles primaires et les écoles normales.
A la suite de la fondation de l'Union centrale des beaux-arts appliqués à l'industrie, et après l'exposition universelle de 1867, le sculpteur Eugène Guillaume publie un document important où il prône le retour au dessin linéaire et son extension à tous les niveaux d'enseignement.
En 1878 un arrêté ministériel entérine officiellement ce retour.
Dans les années 1880, le dessin géométrique finalement triomphe… Rendu obligatoire en 1890, il s'installe dans les écoles jusqu'à la réforme de 1909.

Cf/ Alain Kerlan, La politique éducative des arts.

Eugène Guillaume : Élève du sculpteur James Pradier, il remporte le Premier Grand Prix de Rome de sculpture en 1845 avec une statue ayant pour sujet Thésée soulevant le rocher retrouve l'épée de son père.
Eugène Guillaume est successivement chef d'atelier puis, de 1866 à 1878, directeur de l'École des Beaux-Arts de Paris. Il dirige l'Académie de France à Rome de 1891 à 1904 et sera professeur au Collège de France à partir de 1882. Le 26 mai 1898, il est élu à l'Académie française en remplacement du duc d'Aumale.

 


 


 

Vers peintures et effets

Vers dessins convertis en binaire Floyd-Steinberg