Mariano Fortuny 1838 -1874, Odalisques

 

 


Une odalisque était une esclave, achetée ou offerte, qui pouvait atteindre le statut de concubine ou de favorite dans les sérails ottomans, mais la plupart restaient au service du harem. Le mot vient du turc odalik, qui signifie « femme de chambre », de oda, « chambre ».
Une odalisque n'était pas forcément une favorite, mais il était possible qu'elle en devînt une. Elle ne servait pas le sultan, mais seulement ses concubines et ses épouses comme femme de chambre et de compagnie. Les odalisques étaient généralement données en cadeaux au sultan, même si certaines familles géorgiennes et caucasiennes conseillaient à leurs filles d'entrer dans un harem en espérant qu'elles puissent devenir concubines de palais, esclaves préférées, ou encore mieux, épouses du sultan.
Normalement, une odalisque n'était jamais vue directement par le sultan, mais restait plutôt sous les ordres de la mère de celui-ci. Si une odalisque était d'une beauté exceptionnelle ou possédait des talents certains pour la danse ou pour le chant, on l'entraînait pour devenir une favorite éventuelle. Si elle était retenue, l'odalisque servait alors au plaisir sexuel du sultan et c'est seulement ensuite qu'elle changeait de statut, devenant à partir de ce moment une concubine. Dans l'Empire ottoman, les concubines ne rencontraient en principe le sultan qu'une seule fois, sauf si leur adresse pour la danse, pour le chant, ou plus prosaïquement pour le lit méritaient son attention. Si de la rencontre avec le sultan s'ensuivait la naissance d'un fils, l'élue devenait une de ses femmes.

L'artiste occidental du XIXème siècle - peintre, sculpteur, écrivain - mis à de multiples reprises dans ses créations « orientalistes » des odalisques plus ou moins dévêtues, plus ou moins lascives et pour tout dire : plus ou moins rêvées.

 

 

Jules Joseph Lefebvre, Odalisque 1874

 


 

 

James Pradier 1838 -1874, Odalisque Musée de Lyon

 


 

Depuis Aïssé, jeune Circassienne amenée en France par l'ambassadeur en poste à Constantinople, le comte de Ferréol, le fait est sérieusement établi que les Tcherkesses, c'est-à-dire les Circassiennes, figurent parmi les plus belles femmes du monde, les plus agréablement proportionnées avec une peau aussi blanche que les plus nobles des européennes.
Les chefs de clan qui avaient pour habitude de vendre à tous les harems leurs filles n'avaient-ils pas pour coutume de rapporter, afin de justifier à la fois leur indépendance dans leurs montagnes et leur acte implacable : "Nos murailles sont les cuisses de nos filles".
La propension des orientales à la volupté et au plaisir, dans l'espace clos et féminin que constitue le harem, les entraîne ordinairement à quelques écarts : "Presque toutes les femmes sont tribales, et cela sans la moindre honte ni pudeur ; elles en font bien rarement mystère. Ce n'est point même un secret pour le maître qui, dans ses opinions, ne saurait y voir mal, mais plutôt un gage de sécurité."

D'aprèsr Ferdinand Perrier, La Syrie sous le gouvernement de Méhémet-Ali vers 1840.
 

Enjolras - Odalisque