Ambrosia la Nymphe de la pluie, Gaston Bussière 1862-1929 et Hans Zatzka 1859-1945

Les Nymphes
Il s'agit avant tout de divinités secondaires plutôt assez légèrement vêtues, elles se plaisent à vivre dans les forêts, les sources, les montagnes...
La mythologie leur attribue comme vaste tâche de surveiller la nature. Ces jolies jeunes femmes, facétieuses et désirables, n'hésitent pas à s'unir aux dieux et, pourquoi pas à l'occasion aux simples mortels, afin de donner le jour à quelques héros et demi-dieu.

- Les Naïades sont les filles d'Océan, elles veillent en particulier sur les sources, les ruisseaux et les fleuves.
- Les Néréides, les cinquante filles mi-femme mi-poisson de Nérée et de Doris, personnifient les vagues et les Océanides, filles aussi d'Océan et de Téthys, vivent surtout dans les fonds marins.
- Les Hyades, quant à elles, sont les nymphes de la pluie et la tradition en compte sept, dont Ambrosia représentée ci-dessus.
- Les Oréades hantent les montagnes et accompagnent Artémis dans ses chasses. L'une d'elles, Écho peinte par le Maître d'alors Cabanel, souffre de la vengeance tenace d'Héra.
- Les Dryades peuplent surtout les chênes et Eurydice, l'épouse d'Orphée, appartient à leur groupe.
- Les Danaïdes n'hésitent pas à tuer leurs maris, le jour même des noces. Pour expier, elles seront d'ailleurs condamnées à remplir d'eau des tonneaux percés.
- Daphné, la nymphe aimée d'Apollon et des peintres académiques appartient à la race des vierges farouches et chasseresses. Son père, le dieu-fleuve Pénée, se désespère de voir sa fille éconduire tous ses représentants. Mais elle se réclame du seul Artémis. Un jour dit-on, Apollon qui l'aperçut belle et farouche, ses longs cheveux en désordre, courant derrière une proie incertaine, fut aussitôt pris d'un amour fou...

Poésie fin de siècle
Les dames habillées de la tête aux pieds de la cour du Second Empire et de la Troisième République n'étaient pas, bien entendu, aussi virtuelles que les nymphes des peintures, ni leurs époux aussi coureurs de jupons et grivois que les satyres mais, lors de la visite du Salon, ils aimaient incontestablement regarder et, peut-être, s'imaginer dans ces fables un peu libertines. Surtout les messieurs qui pouvaient alors apprécier en toute quiétude ces représentations dénudées, considérées comme moralement acceptables, puisque traitées selon des formules qui écartent finalement les images de la banalité du quotidien.
 

       

 Hans Zatzka, Beauty and A Water Idyll

Bien sûr, certains prétendront que les représentations de Zatzka sont mièvres et faciles avec leurs nymphes un peu joufflues, toujours souriantes, et qui ressemblent à des poupées de porcelaine.
N'empêche, ses peintures restent incontestablement colorées, riches en détails, et pleines de cette poésie fin de siècle qui n'a plus cours.
Et, d'ailleurs, pourquoi aurions-nous honte d'apprécier ce type de création ? A bien y réfléchir, dans un genre certes différent, ne valent-elles pas finalement les Demoiselles d'Avignon ?
 


 

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