1828-1886 -
Paul Jacques Aimé Baudry
Charlotte Corday,
Musée des Beaux-Arts, Nantes

Eprise de liberté, de justice et de paix, Charlotte Corday se passionne tout naturellement pour la Révolution. Le 13 juillet 1793 elle prend la décision d'assassiner Marat, partisan de la Terreur et trop extrémiste à son goût.
Dans la matinée, avant de se rendre chez Marat en fiacre, au 30 rue des Cordeliers, elle achète un grand couteau de cuisine au manche d'ébène. Mais au domicile du citoyen révolutionnaire une femme l'empêche d'entrer. Désappointée, Charlotte Corday s'en va pour revenir plus tard le soir, vers dix-neuf heures.
De nouveau elle rencontre des difficultés pour obtenir une entrevue. En effet, Marat soigne sa maladie de peau, un eczéma généralisé, en prenant un bain d'eau mêlée d'amandes et de kaolin. Finalement sa persévérance paye et Marat accepte de la recevoir...

Face au tribunal révolutionnaire :

- Quels sont les motifs qui vous ont poussé à tuer Marat ?
- Ses crimes.
- Qu'espériez-vous ainsi ?
- Rendre la paix à mon pays. J'ai tué un homme pour en sauver cent mille. J'étais républicaine avant la Révolution et je n'ai jamais manqué d'énergie.
- Qu'entendez-vous par énergie ?
- Mettre l'intérêt particulier de côté et savoir se sacrifier pour la patrie.
- Qui vous a inspiré tant de haine contre Marat ?
- Je n'ai pas besoin de la haine des autres, la mienne est suffisante.

Sur la représentation de Marat

David a ainsi exposé sa pensée à la Convention :
"... il sera intéressant d'offrir le corps de Marat dans l'attitude où je l'ai trouvé, écrivant pour le bonheur du peuple."
Alors, on est allé au Louvre récupérer une baignoire de porphyre et on a disposé le cadavre. Comme on arrive pas à faire entrer la langue dans la bouche, on la lui coupe. On drape la baignoire d'un drap tricolore et on présente ainsi Marat le jour du 14 juillet à la foule, le bras pendant avec à la main une plume. Mais alors que le bon peuple de Paris défile devant ce tableau, le bras soudain se détache du tronc et tombe à terre. On apprendra par la suite que ce n'était pas le membre de Marat, celui-ci étant déjà tombé en décomposition, on l'a remplaçé par le bras d'un autre cadavre !
Le spectacle se conclura un peu plus tard le 17 par l'exécution, naturellement publique, de Charlotte Corday : "Ange de l'assassinat" selon les uns ou "Virago plus charnue que fraîche" pour les autres.

Jean Joseph Weerts 1847-1927, The Assassination of Marat

 

Vers Bicentenaire de la Révolution