BRUEGEL ET LA RÉPLIQUE

          

Pieter Bruegel le vieux est le membre le plus important d'une famille de peintres et sans doute aussi l'un des artistes flamands les plus connus. Ses premières oeuvres sont sous l'influence de l'imaginaire de la fin du Moyen Âge et de Bosch en particulier.

Vers 1550, Bruegel débute une série de scènes de genre populaire tout en travaillant sur de grands paysages.
Lorsqu'il s'installe à Bruxelles, en 1563, il reçoit une importante commande de plusieurs tableaux illustrant les différentes saisons de l'année. Dans son interprétation de l'atmosphère, de l'ambiance, il montre une sensibilité nouvelle envers le paysage.
 


 

 
Bruegel, Hunters in the Snow, 1565, oil on panel, Kunsthistorisches Museum at Vienna
 

Bruegel, Brueghel, Breughel... quel patronyme appartient au père, derrière lesquels se trouvent les fils ? A cette période charnière entre la Renaissance finissante et le début du XVIIème siècle, l'orthographe des noms propres n'est pas très rigoureuse.
Artiste admiré de son vivant, Bruegel devient après sa mort une véritable marque de fabrique, toute la famille s'inspire largement de l'oeuvre du maître puisqu'à l'époque, la réplique, si lucrative, n'a rien d'inavouable.
Ainsi, le fils aîné, Pieter, agé de 5 ans lors du décès de Bruegel l'Ancien, exploita les thèmes du père, comme
la Tour de Babel (1563 Kunsthistorisches-Vienne).

Les artistes d'alors recopiaient parfois eux-mêmes leurs oeuvres pour satisfaire la demande. Les plus importants d'entre eux, ceux qui possédaient un gros atelier avec des assistants, leur déléguaient fréquemment la plus grosse partie de l'exécution des tableaux. Ce qui fait qu'il existe, par exemple, au moins une dizaine de Danaé sorties de l'atelier de Titien mais réellement signées de sa main. Il en va de même pour nombre d'oeuvres issues de l'atelier de Rubens.
 


 

 


Danaé, variations sorties de l'atelier de Titien

                      

                   Museo de Nápoles                                                                    Museo del Prado 1551-53

 

                                Museo Hermitage 1552-53                                                              Museo de Viena 1554

 

Un peu plus tard, le peintre hollandais Gérard Dou (1613 - 1675), très présent au Louvre et élève magistral de Rembrandt de 1628 à 1631, aura la particularité de peindre le même tableau plusieurs fois de suite avec des différences à peine perceptibles.

Autoportrait 1650, oil on panel, 48 x 37 cm
Rijksmuseum, Amsterdam